Le Mot du Président
Il s’entend, ici et là, que les belles années du journalisme aéronautique et spatial seraient révolues. En sommes-nous sûrs ? L’année 2009, plus encore que celles qui la précèdent de peu, nous réserve certes un florilège de magnifiques anniversaires.
Louis Blériot sur la Manche ? Les 100 ans en sont fêtés cette année, comme ceux de la création de la première école de pilotage au monde, animée par Wilbur Wright, à Pont-Long (Pau), ou encore ceux de la première Exposition de la Locomotion aérienne de Paris, ancêtre du « Paris Air Show ». Voilà 80 ans, un certain Jean Mermoz ouvrait une ligne aérienne transandine, entre l’Argentine et le Chili, pour le compte de la Compagnie Générale Aéropostale, tandis que le monomoteur Bernard 191 GR « Oiseau Canari » reliait l’Amérique à l’Europe d’un coup d’aile, sur un trajet, prodigieux pour l’époque, de plus de 5 000 km.
En 1949, l’industrie aéronautique britannique ouvrait l’ère du transport commercial à réaction avec son De Havilland « Comet ». Déjà 60 ans ! En France, cette même année, naissait l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique (AJPA), acronyme qui, un peu plus tard, prendra un « E » final au moment de s’enrichir d’un contenu spatial…
La première liaison commerciale effectuée par une « Caravelle » ? C’était le 1er mai 1959, entre Paris et Istanbul. Un demi-siècle nous sépare de l’événement.
Le premier vol du prototype du Boeing 747 ? De celui de Concorde ? Tous deux nous saluent du haut de leurs 40 ans respectifs.
Le premier pas d’un être humain sur la Lune, franchi à quelques minutes d’intervalle par les astronautes américains Niel Armstrong et Buzz Aldrin ? Lui aussi souffle ses 40 bougies.
S’il s’avère que ces commémorations – et d’autres, sans doute ! –, qui ne manqueront pas de jalonner l’année 2009, viennent opportunément rappeler que les grandes explorations aériennes ont a priori été réalisées, d’autres conquêtes, cependant, attendent les journalistes spécialisés que nous sommes.
Le défi du 21e siècle, qui consiste à revoir notre conception de la production et de l’usage de l’énergie, préoccupe déjà la plupart des industries, et notamment celles qui donnent vie aux pratiques aéronautiques, grandes ou petites.
La sécurité aérienne, priorité de tous les aviateurs, n’exige-t-elle pas, encore et toujours, son lot d’études, de simulations, d’essais et de retours d’expérience ?
Le dossier de la Défense promet pour sa part un usage intensif de moyens aériens dans les années à venir, y compris lorsqu’il s’agit, via la mise en œuvre d’aérodynes sans pilote à bord – de drones –, d’intensifier l’efficacité des missions de renseignement, elles-mêmes contributives au maintien de la paix.
Le transport aérien civil, quant lui, dans un contexte économique fiévreux, requiert de ses dirigeants et promoteurs un pilotage de plus en plus fin, en même temps qu’il conduit à des regroupements financiers et industriels qu’il nous revient d’observer, de décoder.
Qu’on en juge : les défis à relever, une fois tournée la page du siècle passé, foisonnent !
Les journalistes du secteur de l’air et de l’espace des années 2000, eux aussi précédés par nombre de leurs talentueux aînés, ont donc beaucoup de travail, même si la part du rêve y cède souvent la place à la technique, à la performance et à la rentabilité.
Amitiés aéronautiques
François BLANC